La Trêve. Pièce d’Actualité N°15 (2020)

L’actualité a décidé de reporter notre pièce en septembre, et de mettre les inégalités de logement au devant de la scène. 
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Fort d’Aubervilliers c’est une zone de 36 hectares enclavée dans Pantin, située au bout de la ligne 7, juste avant la Courneuve. Au cœur de ce site, cinq tours crénelées, qui abritaient jusqu’en 2015 la gendarmerie nationale, ont été temporairement reconverties en foyers de travailleurs et Centres d’Hébergements d’Urgence (C.H.U). Lors de la trêve hivernale, du 31 octobre au 31 mars, la tour la plus proche du cimetière, allouée à la Cité Myriam, est occupée par plus de 200 habitants, qui habitent à plusieurs dans les appartements. Certains doivent quitter les lieux à l’arrivée du printemps, d’autres sont pérennisés dans le centre et y séjournent depuis plusieurs années. Qui sont ces occupants qui vivent à l’écart de la ville ? La Trêve nous invite à prendre un temps pour s’asseoir avec eux, au cœur de l’urgence qui rythme leurs vies. Ce temps de respiration intervient alors que de grands travaux d’aménagement refondent le quartier pour le relier au centre. Que deviendront les occupants précaires de ces territoires et comment le théâtre se fait-il témoin de ces bouleversements ?
 
 

 PRESSE (Extraits)

Ils sont cinq, deux femmes et trois hommes, à adresser au public quelques bribes d’une vie cabossée par les malheurs. Ils sont tout un peuple à l’image. (…) ils ont des visages, une histoire et une parole. Forte. « Tu peux me regarder de bas, mais moi, je me soulève tout le temps. »(…) Dans 81 avenue Victor Hugo, déjà, Olivier Coulon-Jablonka avait posé un acte puissant (…). Ici, le geste à trois voix va encore plus loin. D’abord, dans le processus d’ancrage et de partage, dont on prend la mesure dans les images de Sima Khatami qui donnent à voir dans la détresse la plus grande la puissance de la vie et de la résistance à la déshumanisation. Ensuite, dans le processus de fabrication qui permet à chacun de prendre une place à sa mesure.(…)
Et enfin, dans cette construction chorale magnifique qui pourrait ressembler à une mise en procès, ne se contente pas de décrire mais demande des comptes sur la politique publique en matière de logement.
Marina Da Silva, L’Humanité. 15 septembre 2020.

Sur scène, les habitants livrent un récit maîtrisé à la virgule près. Sans pathos ni larmes. Au théâtre, on se montre digne comme des guerriers, «quand on dit «je», c’est comme si on disait «il», nos vies cabossées deviennent des épopées. Annabelle Martella. Libération. 21 septembre 2020

Sur scène, les occupants précaires des tours racontent, sont écoutés. La marge devient alors le centre. En extériorisant les récits de leur vie douloureuse, ils retrouvent une certaine estime d’eux même, une dignité qu’ils croyaient perdue. Leurs témoignages révèlent l’envers du décor du Grand Paris tout en suscitant l’espoir d’une rencontre. Guillaume Lasserre. Médiapart. 22 septembre 2020

Le spectacle traite avec une infinie délicatesse ses interprètes et les laissent porter leurs mouvements intimes, sans jamais les instrumentaliser. Caroline Châtelet. Regards.fr.

Le travail du metteur en scène sur un vaste plateau nu avec en fond de scène un mur blanc sur lequel sont projetés les films est tout simplement admirable, véritable hymne à la vie, en absolu contraste avec la séquence finale par quoi se clôt le « spectacle », donnant la parole au Préfet de Seine-Saint-Denis clamant son indignation aux propos tenus par l’un des hébergés… Beau contraste qui souligne bien la ligne politique tracée par l’équipe de la Trêve sans qu’il soit besoin de longs discours ou d’explications, une ligne qui parcourt, dans les configurations différentes, toute l’œuvre d’Olivier Coulon-Jablonka. Jean-Pierre Han. Frictions. Le 20 septembre 2020.